Le diabète gras et ses complications

Les complications du diabète gras

Le diabète gras, appelé aussi diabète de type 2, est dû à une perturbation du métabolisme des glucides qui provoque une augmentation du taux de glucose dans le sang, la glycémie, contrôlée à deux reprises au moins au-dessus de 1,26 g/l. De nombreuses complications en découlent.

 

On le nomme aussi diabète non insulinodépendant « DNID », car dans un premier temps il ne nécessite pas le recours à l’insuline pour normaliser la glycémie, les antidiabétiques oraux « ADO », associés à une bonne hygiène de vie, un régime alimentaire adapté et un exercice physique, suffisent à le contrôler durant des dizaines d’années. Dans certains cas, quand ça se passe mal, l’insulinothérapie s’impose pour normaliser la glycémie en association ou en remplacement des « ADO ».

La cause du diabète gras

C’est « l’insulinorésistance » déjà évoquée dans de nombreux articles précédents, car c’est un fléau responsable d’une fâcheuse histoire pathologique qui démarre par le surpoids, puis l’obésité, puis le DNID, et finit par le syndrome métabolique qui associe : hypertension artérielle, hypertriglycéridémie, augmentation du périmètre abdominal, hype- uricémie, foie gras et DNID. Tout est une question de curseur dans le temps, il faut habituellement plusieurs dizaines d’années pour raconter toute l’histoire, mais, dans certains cas, l’obésité de l’enfant par exemple, l’insulinorésistance débute dans l’enfance, et le diabète peut apparaître très tôt, dès la vingtième année. En règle générale, l’âge de prédilection est la cinquantaine. Avec un modèle alimentaire inapproprié à ration glucidique excessive depuis longtemps, les cellules de l’organisme deviennent de moins en moins sensibles à l’insuline, le pancréas doit en produire davantage pour faire pénétrer le glucose dans les cellules, c’est « l’hyper-insulinisme » avec prise de poids. À la longue, le pancréas s’épuise et ne suit plus, la glycémie finit par dépasser le seuil normal : supérieur à 1,26 g/l à jeun.

Le diagnostic

Il repose sur cette hyperglycémie et sur le dosage de l’hémoglobine glyquée, encore appelée : HbA1c. Dans le sang, le glucose se fixe sur l’hémoglobine à l’intérieur des globules rouges de façon irréversible. Grâce à une simple prise de sang, on peut exprimer en pourcentage la quantité d’hémoglobine ayant fixé le glucose. Sachant que les globules rouges ont une survie de 120 jours, on a alors une idée de l’équilibre glycémique durant cette période, le taux normal étant entre 4 et 6 %. Un diabétique est bien équilibré si l’HbA1c est inférieure à 7 %.

Les complications du diabète gras

  • Comme son nom l’indique, une période de 10 à 20 ans de prise de poids précède le diabète. La surcharge pondérale est globale, mais accentuée au niveau de la graisse abdominale, autour des viscères et organes abdominaux. C’est un facteur de risque cardiovasculaire bien identifié et sérieux. Le ventre bedonnant des hommes à la cinquantaine ou des buveurs de bière plus tôt, en est l’illustration chronique. Ce surpoids représente une gêne fonctionnelle qui diminue la compétence physique globale, qui complique la gestion vestimentaire et entrave la respiration, car le diaphragme ne peut plus descendre à chaque inspiration. La capacité respiratoire est diminuée, la charge de travail augmentée, le patient est essoufflé au moindre effort. Par ailleurs, c’est aussi un facteur de risque de syndrome d’apnée du sommeil.
  • Au niveau articulaire, la pression au centimètre carré augmente fortement. Les cartilages des genoux et des hanches souffrent et s’usent, c’est le lit de l’arthrose, qui conduit à l’impotence fonctionnelle et au final à la chirurgie de remplacement prothétique. Au niveau de la colonne vertébrale, les disques perdent leur qualité mécanique, s’écrasent, et quelquefois des hernies discales peuvent apparaître et venir comprimer des nerfs émergents, avec sciatiques et cruralgies. Les articulaires postérieures souffrent aussi à cause de la surpression, et l’arthrose s’installe, donnant des lombalgies à répétition.
  • Bien plus grave que le surpoids, le diabète gras impacte surtout la circulation du sang. En effet, il accélère la survenue de l’artériosclérose, durcissement et épaississement de la paroi des artères, et l’athérosclérose, dépôts de plaques d’athérome qui diminuent le calibre jusqu’à oblitérer les artères. Le diabétique non traité finit par être victime d’accidents cardiovasculaires. La maladie coronarienne est au premier plan, ainsi que sa complication : l’infarctus du myocarde (IDM), surtout si il y a cumul de facteurs de risques tels que le tabagisme, l’obésité, la sédentarité, le stress, l’hypertension artérielle… L’accident vasculaire cérébral (AVC) ischémique : une artère cérébrale athéromateuse finit par être obstruée par un bouchon de plaquettes, le territoire cérébral qui en dépend se nécrose, c’est l’hémiplégie ou autre. Au niveau des membres inférieurs, les artères subissent les mêmes altérations, c’est l’artérite, qui provoque un tableau de claudication intermittente avec des crampes, des douleurs à l’effort, qui imposent le repos. À l’examen, les pouls périphériques disparaissent, le doppler montre une disparition des flux artériels. La complication ultime est l’ischémie aiguë qui peut toucher un orteil, un pied ou tout le membre, actuellement traitée par angioplastie (stents). Elle peut conduire à l’amputation de la portion nécrosée.
  • Lorsque la microcirculation est altérée, alors les organes nobles peuvent souffrir !

Le cerveau n’est plus irrigué correctement, les neurones pâtissent, le patient souffre de neurodégénérescence vasculaire avec des trouble cognitifs ou neurologiques. La rétine, extension à l’œil du cerveau, subit les mêmes dégradations menant à la rétinopathie diabétique, qui diminue l’acuité visuelle jusqu’à la cécité. Les reins ne sont pas épargnés, lorsque les micro-vaisseaux sont altérés, l’unité de filtration rénale ne fonctionne plus, c’est la néphropathie diabétique qui conduit à une fuite de protéines dans les urines et peut se compliquer d’insuffisance rénale. L’érection, qui dépend aussi de la qualité de le circulation artérielle, peut être compromise. Pour les mêmes raisons, le diabétique a des troubles trophiques, c'est-à-dire que sa cicatrisation des plaies est retardée et compliquée avec une plus grande sensibilité à l’infection. Le mal perforant plantaire est l’apparition d’une plaie au niveau de la plante des pieds, difficile à prendre en charge.

  • Enfin, lorsque l’excès de glucose dans le sang est ancien, il finit par abîmer les nerfs périphériques par des phénomènes de glycation, d’oxydation/inflammation, et les dégâts sur les gaines de myéline provoquent la neuropathie diabétique des membres inférieurs, responsable de douleurs neuropathiques invalidantes, brûlures, fourmillements, décharges électriques…

Vous l’avez compris, le diabète de type 2 est une bombe à retardement qu’il vaut mieux désamorcer ! Les outils nécessaires sont : les traitements ADO, l’hygiène de vie, l’exercice physique, la suppression des autres facteurs de risque. Lorsque l’on est atteint par cette maladie, il faut aussi une surveillance rapprochée : HbA1c, glycémie, bilan rénal, bilan hépatique et lipidique, avis cardiologique et surveillance ophtalmologique, programmés selon des calendriers gérés par les professionnels de santé. Qu’on se le dise !

 

 

 

Studio beauté

 

La beauté pendant la chimio

 

Il n’est pas facile de gérer les conséquences physiques des traitements qui ébranlent le bien-être quand on est atteint d’un cancer. Soigner son apparence permet de se sentir mieux, et c’est bon pour le moral.

 

Les effets secondaires cutanés liés aux traitements du cancer sont nombreux. La chimiothérapie, les thérapies ciblées, l’immunothérapie… entraînent des toxicités importantes au niveau de la peau, des ongles et des cheveux. Il est préférable d’anticiper une séance chez le coiffeur et chez le pédicure-podologue, et de préparer sa peau aux traitements afin de prévenir l’inconfort. En outre, des soins dermo-cosmétiques appropriés, du maquillage, une coiffure étudiée ou un joli couvre-chef donneront une bonne image de soi.

L’hygiène

Pour apaiser sa peau fragilisée par les traitements, l’utilisation de produits haute tolérance est recommandée, ainsi, ceux aux ingrédients d’origine naturelle, sans parfum et sans conservateur. Lors de la toilette, évitez les douches ou les bains prolongés et trop chauds, ainsi que l’utilisation d’un gant de toilette ou d’une éponge… Lavez-vous avec les mains et avec un syndet (pain dermatologique sans savon) ou une huile de douche non agressive pour ne pas irriter votre peau. Puis, tamponnez-vous en douceur pour vous sécher, sans oublier les plis pour éviter les macérations du tissu cutané.

La peau devient sensible et sèche

Elle perd son capital confort. Son film hydrolipidique s’altère. L’épiderme manque d’éclat et paraît terne. La sécheresse cutanée due au traitement peut s’accompagner de desquamations, de démangeaisons et de tiraillements… Ainsi, la peau, plus vulnérable, exige de l’attention pour renforcer, stimuler les systèmes de défense cutanée, et diminuer l’inflammation. Pour la réparer et la nourrir, l’hydratation est de mise sur le visage et le corps. Nettoyez en douceur votre visage avec un lait ou une crème de démaquillage, puis utilisez un brumisateur d’eau thermale pour l’apaiser. Appliquez le matin un sérum, puis une crème de jour régénérante et anti-oxydante pour avoir bonne mine. Et une crème de nuit, plus épaisse et riche en actifs, une demi-heure avant le coucher. Pour hydrater le corps pendant les traitements qui assèchent les fluides, privilégiez une cold cream ou un produit pourvu en corps gras, lanoline, cérat de Galien, huile d’amande douce… à appliquer matin et soir pour aider au renouvellement cellulaire.

Certains traitements génèrent des éruptions acnéiformes sur les zones riches en glandes sébacées. Nettoyez et hydratez bien votre peau 1 ou 2 fois par jour, puis appliquez une crème antibactérienne qui traitera l’éruption cutanée. Quel que soit le type de traitement, les expositions solaires sont fortement déconseillées, car la peau fragilisée peut être plus sujette aux coups de soleil. Protégez votre peau avec un photoprotecteur SPF50+, portez des vêtements couvrants, un chapeau et des lunettes de soleil. Évitez les surfaces vitrées, qui ne font pas obstacle totalement aux UVA.

Ongles et syndrome mains/pieds

Les ongles peuvent changer d’aspect et devenir sensibles et cassants. Pour lutter contre ces inconvénients, il convient d’hydrater régulièrement la tablette unguéale (plaque cornée), la cuticule et le pourtour des ongles. Utilisez un vernis protecteur à base de silicium durant la durée du traitement et 6 semaines après. Cette base protectrice, opaque, renforce et protégera vos ongles. Par ailleurs, la paume des mains et la plante des pieds peuvent souffrir aussi de sécheresse cutanée. Ainsi, des crevasses et des cloques douloureuses se forment. Nettoyez sans agresser les lésions, et utilisez un produit spécifique qui nourrit et apaise. Lors des phases inflammatoires, un traitement sous occlusion peut soulager.

Cils et sourcils

Avec certaines chimiothérapies, les cheveux tombent. Tout comme les cheveux, les cils et les sourcils disparaissent. Or, ne pas avoir de cils et ni de sourcils change le regard. Grâce au maquillage, vous pourrez dessiner leur ligne naturelle avec un crayon à sourcil brun ou marron clair, en suivant l’arcade sourcilière et en traçant de petits traits rapprochés, des hachures. Terminez avec une brosse à sourcils pour adoucir le tracé. Pour conserver l’intensité du regard, suivez avec un crayon à yeux dans la même gamme de couleur le bord de la paupière supérieure, puis appliquez-le à l’intérieur de la paupière inférieure. Évitez tatouages et faux-cils, car les défenses immunitaires sont affaiblies. 

Surtout, pensez à vous avec douceur, bienveillance, faites-vous plaisir… et demandez conseil à votre pharmacien. Il saura vous accompagner au quotidien pour améliorer votre qualité de vie.

 

 

Dossier du mois

 

Vaccination : la France, championne du monde du scepticisme

Les vaccins sauvent des millions de vies chaque année dans le monde. Pourtant, certains continuent de s’en méfier, mettant en péril des décennies de progrès. Et la France fait office de plus mauvais élève, puisqu’une personne sur trois y considère que les vaccins ne sont pas sûrs !

La Wellcome Global Monitor est la plus grande étude s’intéressant à l’opinion des citoyens du monde sur la santé. Les points de vue de plus de 140 000 personnes dans 140 pays y sont compilés. La dernière édition vient de sortir. Tout un chapitre est consacré à la vaccination. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la France n’y fait pas bonne figure.

 

À l’échelle mondiale, 8 personnes sur 10 s’accordent sur le fait que les vaccins sont sans danger. Une certitude légèrement moins marquée dans les pays à revenus élevés. Ainsi, en Amérique du Nord, 72 % estiment que les vaccins sont sûrs, et en Europe, ils ne sont que 59 %. Et c’est en France que ce taux est le plus bas, avec 33 % !

Mais l’Hexagone se distingue à d’autres niveaux. À la question « Pensez-vous que les vaccins sont importants pour les enfants ? », 1 Français sur 10 répond « non ». Une statistique encore supérieure à la moyenne mondiale. Rien d’étonnant en fait, puisque 2 Français sur 10 estiment que l’immunisation n’est pas efficace.

 

Les conséquences de cette façon de penser se paient comptant. Sur les pays ayant connu la plus forte augmentation des cas de rougeole entre 2017 et 2018, la France se classe dixième, derrière des nations comme le Yémen ou le Soudan !

 

Une crise de confiance

Comment expliquer cette attitude face aux vaccins ? En fait, dans la plupart des régions, les personnes qui ont une grande confiance dans les professionnels de santé sont plus susceptibles de percevoir la vaccination comme étant « sans danger ». Or, en France, 71 % des répondants estiment que leurs connaissances scientifiques sont bonnes… mais 70 % ne font que « moyennement » confiance aux professionnels de santé !

 

« Le scepticisme à propos des vaccins en France n’est pas nouveau », notent les auteurs du rapport. « Mais une augmentation s’est fait ressentir après la campagne de vaccination antigrippale 2009, au cours de laquelle l’OMS a été soupçonnée d’être influencée par l’industrie pharmaceutique. »

 

Pour lutter contre cette défiance, « le gouvernement français a élargi en 2018 le nombre de vaccins obligatoires pour les nourrissons (passant de 3 à 11) », rappellent les auteurs. « Par ailleurs, des campagnes sont menées pour aider les professionnels de santé face à des patients hésitants. »

 

Un vaccin, c’est mieux le matin

Les vaccins sont-ils encore plus efficaces lorsqu’ils sont administrés au petit matin ? C’est du moins ce que suggère une équipe britannique qui a mené l’enquête auprès de seniors qui se sont fait vacciner contre la grippe saisonnière.

 

Le Dr Anna Philips et ses collègues de l’Université de Birmingham (Angleterre) ont suivi 276 de leurs concitoyens, âgés de 65 ans et plus. Une partie du groupe a reçu le vaccin entre 9h et 11h le matin. Une autre entre 15h et 17h.

 

Pour évaluer d’éventuelles différences, les auteurs se sont basés sur la concentration d’anticorps un mois après l’injection. Rappelons que le but de la vaccination est en effet de booster la production de ces anticorps, des molécules produites par les cellules du système immunitaire. Elles sont en mesure de reconnaître de manière spécifique l’introduction d’un corps étranger (un virus, une bactérie) au sein de l’organisme, puis de déclencher les mécanismes pour le détruire.

 

Au cours de ce travail, le taux d’anticorps s’est avéré bien plus élevé chez celles et ceux qui avaient été vaccinés le matin, par rapport au groupe de l’après-midi. À noter toutefois qu’aucune différence n’a été constatée chez une petite portion des participants. « Être en mesure d’observer un lien entre la période de vaccination et la réponse de l’organisme peut contribuer à améliorer les stratégies de vaccination antigrippale », conclut le Dr Philips.

 

 

Modes d’administration

 

Le site d’administration des vaccins diffère. Certains sont injectés au niveau intramusculaire, d’autres en sous-cutané. Il existe, même si c’est plus rare en France, les formes nasales et buvables. Pourquoi ces différences ? Explications.

 

En réalité, le choix du site d’injection d’un vaccin obéit à une règle scientifique bien précise. Elle dépend de la meilleure façon de provoquer la réaction immunitaire. Certains vaccins sont administrés par voie intramusculaire, d’autres par voie sous-cutanée.

 

La majorité des immunisations en France sont réalisées par voie intramusculaire. D’autres, comme les vaccins contre la rougeole, les oreillons et la rubéole, ou encore la varicelle et la fièvre jaune, sont plus efficaces quand ils sont injectés par voie sous-cutanée. Tous agissent au niveau du système immunitaire général.

 

Il existe d’autres vaccins qui eux vont agir au niveau de l’immunité locale, et plus précisément des muqueuses. Par exemple, contre la poliomyélite et le rotavirus, le mode d’administration est buvable, tout simplement parce que le vaccin va cibler les muqueuses intestinales. Ces dernières seront capables en cas d’infection de se défendre contre les virus par leur propre système immunitaire.

 

 

 

Emmanuel Ducreuze